

VALORISATION DES SOCIETES DANS L'EVENEMENTIEL
Dans l’événementiel, la valeur d’une entreprise ne repose pas uniquement sur :
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son chiffre d’affaires,
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sa notoriété,
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son portefeuille clients.
Elle repose de plus en plus sur sa capacité à démontrer une maîtrise juridique des risques, dans un secteur considéré comme à risque élevé par les investisseurs, fonds et acquéreurs industriels.
L’audit juridique préalable : un levier direct de valorisation
Un événement juridiquement sécurisé :
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se valorise mieux,
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rassure les acquéreurs,
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accélère les négociations,
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limite les garanties post-cession.
À l’inverse, une organisation juridiquement fragile entraîne :
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une décote du prix,
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des mécanismes de rétention,
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des garanties lourdes et longues.
Un acquéreur examine systématiquement :
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la solidité des contrats clients,
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les clauses de résiliation,
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les risques d’annulation,
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les engagements de responsabilité.
L’audit juridique événementiel ne se limite pas à une revue “classique”. Il porte notamment sur :
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Autorisation et domaine public
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régularité des AOT,
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précarité des autorisations,
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dépendance à certaines collectivités.
Responsabilités civiles et pénales
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antécédents d’accidents,
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contentieux en cours ou passés,
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procédures internes de sécurité.
Prestataires et sous-traitance
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clauses de responsabilité,
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assurances,
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risques de solidarité.
Droit social et bénévoles
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risques URSSAF latents,
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requalifications potentielles,
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conformité des pratiques RH.
Assurances
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exclusions,
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plafonds,
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adéquation au risque réel.
Impact direct sur le prix de cession
Dans la pratique des opérations de cession :
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les risques juridiques ne sont pas abstraits,
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ils sont chiffrés.
Un risque événementiel identifié peut entraîner :
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une baisse du multiple,
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un mécanisme d’earn-out plus contraignant,
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une retenue de prix (escrow).
Exemples fréquents :
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dépendance excessive à un événement non sécurisé juridiquement,
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absence d’assurance annulation adaptée,
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historique d’accidents ou quasi-accidents,
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procédures sociales fragiles.
Garantie d’actif et de passif (GAP) : le cœur de la négociation
La garantie d’actif et de passif vise à protéger l’acquéreur contre :
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les dettes non révélées,
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les passifs latents,
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les risques antérieurs à la cession.
En événementiel, ces risques sont souvent :
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difficiles à quantifier,
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postérieurs à l’événement (contentieux tardifs),
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assurantiellement complexes.
Les risques mal maîtrisés :
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explosent les plafonds de garantie,
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allongent la durée de la GAP,
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bloquent ou ralentissent la négociation,
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imposent des exclusions lourdes.
L’acquéreur cherchera à se couvrir au maximum.
Les litiges post-cession montrent que :
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les contentieux événementiels peuvent survenir plusieurs années après les faits,
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la charge de la preuve pèse souvent sur le cédant,
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l’absence de documentation est systématiquement sanctionnée.
Bonnes pratiques pour préparer une cession dans l’événementiel
✅ A. Anticiper l’audit
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audit juridique interne régulier,
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cartographie des risques événementiels,
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correction des pratiques fragiles.
✅ B. Documenter
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conservation des autorisations,
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procédures écrites de sécurité,
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contrats types sécurisés,
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preuves d’assurances adaptées.
✅ C. Sécuriser les événements “phares”
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événements récurrents,
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événements à forte marge,
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événements à risque élevé.
Le rôle de l’avocat
En amont
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audit juridique événementiel,
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sécurisation des contrats et process,
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réduction des risques latents.
Pendant la cession
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assistance dans les data rooms,
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rédaction et négociation de la GAP,
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limitation des plafonds et durées.
Après la cession
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gestion des contentieux post-cession,
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défense du cédant ou de l’acquéreur.

La responsabilité est l’imputation d’un acte à son auteur.
Paul Ricoeur